Vers la descente
La descente vers le Midi commença par un temps magique de livre d’images. Le Sud de la France commence géographiquement par le pied du Vercors. Notre bonne humeur était à son comble dans ce lever du jour ensoleillé et un peu brumeux. Là-haut : le silence, pas le moindre bruit ! C’était merveilleux ! et pourtant ce silence devenait lentement pesant.
Alors que nous marchions tranquillement, Joggi se mit soudain à galoper. Ruth dut lâcher la corde et il ne s’arrêta que lorsque son bât glissa à côté, l’empêchant ainsi de galoper. On ne pouvait pas le freiner ; et quand, enfin, il stoppa, il dressa les oreilles en regardant derrière lui sur la droite : il aurait absolument voulu fuir. Quelque animal avait dû bouger dans les arbustes et peut-être même nous suivre. Seul Joggi avait dû l’entendre car Aladin n’avait montré aucun signe d’inquiétude. Dieu merci ! Joggi, par contre, n’arrivait pas à se calmer malgré nos paroles apaisantes. Nous ne savons pas comment cela a pu arriver ; mais nous pensons que Joggi, dans ce profond silence, était devenu hypersensible au moindre bruit. Et la peur s’était transformé en peur panique. Nous avons dû alors le conduire à deux. Nous sommes ainsi parvenus à avancer, Arvo et Aladin devant ; et moi et Ruth derrière avec Joggi. Une bonne heure passa avant que tout redevienne normal et que nous puissions nous arrêter pour manger.

Lors de la halte dans la lande, je constatai alors, que, dans l’excitation avec Joggi, j’avais laissé tomber la carte. Et justement là où notre chemin offrait plusieurs ramifications. Seule notre intuition pouvait alors nous guider. Heureusement, nous avions longuement étudié l’itinéraire et nous l’avions encore en mémoire. J’avais ainsi, déjà le matin, observé, à l’horizon, la montagne que nous devions descendre par le flanc-ouest.
Pureté de la nature. Arvo trouve au bord d’un chemin les os de crâne d’un bouquetin ou de quelque autre gros animal. La main de l’homme ne touche rien là-haut. D’autres photos sont prochainement dans l’album (Newsletter).
Nous apercevons maintenant la montagne que nous devons descendre après une brutale découpe du Plateau.